Thèse de Doctorat vétérinaire: Etat actuel de la Maréchalerie au Sénégal.
'Le cheval tient, parmi les animaux domestiques, le rang le plus distingué, par sa beauté, sa force et son courage : il est le serviteur et l'ami de l'homme ; il est un des premiers agents de l'agriculture et du commerce ; objet d'utilité et d'agrément à la fois, c'est en un mot, une des premières richesses territoriales dans les pays où son éducation est soignée'. Ces propos que l'on doit à M. de Préseau de Dompierre dans son traité de l'éducation du cheval en Europe datent de 1788 et situent le cheval comme un 'animal intermédiaire'. Cette place n'est pas fondamentalement différente actuellement, comme le souligne l'ethnologue Digard (1999) : 'Le cheval occupe la plus haute position dans la hiérarchie des animaux domestiques'. Il doit son 'statut culturel privilégié à la nature des services qu'il rend à l'homme et surtout du type de rapport à l'animal que ces services impliquent'. Ces services ont certes fortement évolué au cours des siècles, du cheval gibier au cheval champion d'épreuves sportives olympiques. La place particulière du cheval lui a fait jouer un rôle essentiel dans l'économie de nos civilisations comme dans bien d'autres civilisations sous des formes diverses. Source d'emplois, l'élevage du cheval et son utilisation interviennent dans l'agriculture, le sport, le jeu, le tourisme, l'environnement, l'aménagement du territoire, la formation, l'insertion sociale, l'artisanat, le patrimoine, la culture et l'art, le commerce, etc. A tous ces titres et sans doute à bien d'autres, la filière hippique est bien une filière économique.
Toutefois il faut signaler que le pied du cheval est à la base de son exploitation, il constitue l'extrémité des membres ; et est un élément essentiel de la locomotion ce qui justifie pleinement l'expression « Pas de pied, pas de cheval». L'entretien du pied est donc fondamental. C’est ainsi que l’essor de l'équitation sous toutes ses formes et l'augmentation du nombre de chevaux qui en découle ont remis depuis quelques années le maréchal-ferrant au premier plan de la scène équestre. Il a donc un métier de responsabilités qui consiste principalement à parer et à ferrer les chevaux mais aussi à intervenir lors de fourbures, d'abcès et autres problèmes liés au pied. C’est l'interlocuteur privilégié du propriétaire et du vétérinaire.
Au Sénégal où le cheval, sert surtout de traction pour les transports ruraux et l’agriculture, les métiers de cheval sont aujourd’hui en pleine expansion. Si dans la plupart de temps le maréchal-ferrant est souvent sollicité pour l’entretien des pieds de cette espèce il n’en demeure pas moins que ce métier reste encore mal connu, mal organisé et utilise surtout des méthodes archaïques. C’est dans cet esprit que ce travail porte sur l’étude du métier de maréchal-ferrant au Sénégal (Dakar). Il est subdivisé en deux parties :
La présente étude vise à faire connaître au lecteur, l’état des lieux du métier de maréchal-ferrant au Sénégal, à caractériser et décrire le plus objectivement les principaux acteurs, l’organisation et la pratique du métier au Sénégal, enfin à en faire une analyse économique et identifier les différentes opportunités et perspectives y afférentes.
Dans la première partie de ce travail, après avoir présenté quelques généralités sur l’exploitation du cheval au Sénégal, nous allons faire : des rappels anatomophysiologiques du cheval, une description des métiers cheval et quelques notions de maréchalerie.
Dans la deuxième partie, nous présenterons le cadre d’étude et la méthodologie de travail qui nous aura permis sur le terrain, d’appréhender le contexte actuel du métier de maréchal-ferrant au Sénégal qui fera l’objet d’une et d’une discussion. A partir de cet état des lieux à la fois qualitatif et quantitatif, nous énoncerons quelques propositions en vue d’améliorer l’organisation et le rendement de ce métier.